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Communication Sans Frontières ® - Dossiers - Point de vue - débats - dossiers : Droits à la communication : le point de vue du Professeur Cees Hamelink qui s'était exprimé lors du Forum mondial sur les droits à la communication à Genève vise à rassembler sous l'égide des « droits à la communication » un nombre de droits humains liés à l'information et à la communication.


Point de vue

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. Un dossier de la plate-forme du commerce équitable
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Le commerce équitable

Les déséquilibres de l'économie mondiale

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) s'est fixé comme objectif de « réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour »2.
En effet, 2/3 de la population mondiale vit actuellement dans la pauvreté. Les 1,3 milliard d'habitants des pays les plus pauvres sont 86 fois moins riches que les Nord-Américains. Ce rapport était de 22 il y a 20 ans3.
La FAO estime à 842 millions le nombre de personnes ne mangeant pas à leur faim dans le monde4, soit une personne sur sept. Près de 800 millions d'entre eux vivent dans les pays en développement et sont des paysans5.

Le fonctionnement actuel de l'économie mondiale souffre de déséquilibres de plus en plus flagrants. Alors que les débats sur la mondialisation occupent une place croissante dans l'actualité, les producteurs et artisans du Sud restent soumis aux lois souvent inégales du commerce international.

En particulier, les producteurs de produits agricoles tropicaux (café, cacao, thé, sucre, etc.) sont confrontés à la dégradation structurelle des termes de l'échange, à des cours mondiaux en chute libre, à une concurrence accrue et surtout à une domination économique des grandes transnationales agroindustrielles qui spéculent et engrangent des profits faramineux.

Ainsi, les cours mondiaux des matières premières fléchissent d'année en année : en 20 ans (de 1980 a 2000), les prix du café, du cacao, du sucre et de l'huile de palme ont chuté de près de 70%. Alors que les producteurs reçoivent un prix de plus en plus faible, le prix des produits transformés comme le café et le chocolat augmente, les multinationales accroissent leurs profits et, les actionnaires leurs dividendes.
Pour les producteurs, la pression des intermédiaires - des « coyotes » locaux aux groupes industriels, qui acheminent, transforment et commercialisent le produit fini - est de plus en plus forte : les prix et les conditions d'achat leur sont imposés sans négociation et le plus souvent ne couvrent pas les coûts de production.

Dans ces conditions, les producteurs ou les artisans ne peuvent pas vivre dignement de leur travail. Ils survivent plus qu'ils ne vivent et sont contraints d'accepter de travailler dans des conditions parfois proches de l'esclavage, de faire travailler leurs enfants et de renier leur environnement social, économique, écologique et culturel.

1 voir http://hdr.undp.org/reports/global/2003/francais/pdf/hdr03_fr_overview.pdf
2 PNUD, rapport sur le développement humain 2000
3 ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/006/j0083e/j0494e00.pdf
4 source : CCFD

Le défi du commerce équitable
Il existe une autre manière de faire du commerce, une autre manière de consommer.

« Des prix adaptés devraient être fixés non pas au plus bas possible, mais en fonction des besoins minimaux des producteurs et en fonction de leurs conditions de vie. C'est dans l'intérêt de tous les producteurs que le prix d'un produit ne soit pas en dessous de ce niveau, et les consommateurs ne devraient pas espérer qu'il le soit ».6

Alors qu'il est pratiqué depuis plus de 30 ans, le commerce équitable s'impose, depuis quelques années, comme une alternative efficace et concrète pour réduire les inégalités générées par la libéralisation économique et redonner à l'homme sa place centrale dans les échanges commerciaux internationaux.

Visant à établir un rapport d'échanges satisfaisant pour tous - du producteur au consommateur - le commerce équitable est fondé sur les principes suivants7 :

  • assurer une juste rémunération du travail des producteurs et artisans les plus défavorisés, leur permettant de satisfaire leurs besoins élémentaires : santé, éducation, logement, protection sociale.,
  • garantir le respect des droits fondamentaux des personnes (refus de l'exploitation des enfants, de l'esclavage.),
  • instaurer des relations durables entre partenaires économiques,
  • favoriser la préservation de l'environnement,
  • proposer aux consommateurs des produits de qualité.

À travers le monde, les organisations du commerce équitable s'efforcent de construire les fondations d'un commerce plus juste :

  • au Sud, leurs actions visent à appuyer et renforcer le partenariat commercial et la structuration des organisations de producteurs8;
  • au Nord, s'appuyant sur la mobilisation de leurs réseaux, elles mènent des campagnes de sensibilisation de l'opinion et des pouvoirs publics aux enjeux du changement d'échelle du commerce équitable pour une économie plus respectueuse de l'Homme, comme de son environnement.
6 John Maynard Keynes - 1940
7 Voir aussi la Charte de la Plate-forme pour le Commerce Équitable en annexe.
8 Voir annexe "Partenaires du Sud"

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Une alternative sortie de la marginalité
De nombreuses initiatives voient le jour : nouvelles filières d'importation, diversification des produits concernés et développement du réseau de distribution. Elles témoignent du nombre croissant de producteurs engagés dans cette démarche : plus d'un million en Afrique, Asie et Amérique Latine.

Outre les matières premières alimentaires et l'artisanat, (arts de la table, objets de décoration, bijoux, etc.), le commerce équitable touche aussi le secteur cosmétique (beurre de karité), les compléments alimentaires, le textile (coton) et maintenant les services avec le développement du tourisme équitable9.

Dans le monde, le développement du commerce équitable se traduit par une augmentation du nombre de points de vente, des volumes de produits vendus et du nombre de références disponibles en grandes et moyennes surfaces.

En France, les points de vente se multiplient, pour le plus grand plaisir des consom'acteurs : on dénombre près de 200 points de vente spécialisés, des entreprises de vente par correspondance et de nombreux sites Internet consacrés en partie ou totalement à la vente en ligne de produits issus du commerce équitable10.

Le commerce équitable est en pleine expansion!

9 Voir annexe "Le tourisme équitable"
10 Voir la page "liste" sur le site de la PFCE

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Le consom'acteur
Hier encore confidentiel, le commerce équitable ne cesse de voir sa notoriété s'accroître : en octobre 2000, 9% seulement des Français en avaient entendu parler11. Un an plus tard, ils étaient 24%12, en 2003, 45%13. Et, en juin 2004, sa notoriété atteignait les 56%14.

Cette progression spectaculaire s'explique par le travail permanent des acteurs du commerce équitable et le relais soutenu des médias. Plus généralement, elle participe de la prise de conscience collective des enjeux du développement durable par la société civile, comme par les pouvoirs publics (engagement de 191 pays devant l'ONU en 2000 pour les Objectifs du Millénaire pour le Développement et discours du Président de la République devant l'Assemblée plénière du Sommet de Johannesburg le 2 septembre 2002).

Le citoyen français, sensibilisé aux enjeux environnementaux, sociaux et économiques, "responsabilise" progressivement sa consommation en prenant en considération les conditions de fabrication, de transport et de distribution des biens et services qu'il achète. Cette « consommation responsable » induit des changements dans son comportement : il sera prêt à "boycotter" une marque qui manquerait au respect des principes éthiques élémentaires (OIT) et à donner ses faveurs aux produits issus d'une démarche équitable; Le consommateur devient consom'acteur; pour les plus militants, l'acte d'achat prend une dimension politique.

Cependant, même si ce constat permet d'affirmer que le commerce équitable ne relève pas d'un phénomène de mode mais bien d'une tendance profonde de la société, il lui reste encore à rentrer durablement dans notre vie quotidienne ! Cela veut dire gagner des parts de marché, séduire de nouveaux consom'acteurs et les fidéliser pour amener chacun de nous à adopter un mode de consommation responsable15.

11 sondage IPSOS, octobre 2000
12 sondage IPSOS, octobre 2001
13 étude Credoc, septembre 2003
14 sondage Ipsos pour Max Havelaar, juin 2004
15 « La consommation responsable est une action collective qui s'appuie à la fois sur la responsabilité et le pouvoir des consommateurs, par la somme de leurs comportements et engagements individuels ».
Le consom'acteur choisit de « soutenir et promouvoir des pratiques sociales, économiques, environnementales qui assurent un développement durable sur notre planète ainsi que le bien-être de tous ses habitants ». Il souhaite « que se rétablissent ou s'instaurent, dans le commerce local et international, des liens sociaux et équitables entre producteurs, distributeurs et consommateurs dont les relations ne doivent pas se limiter à des rapports marchands». Action Consommation : www.actionconsommation.org.

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